Arts de vivre

Je teste des routines d’écrivains : Simone de Beauvoir, intellectuelle extravertie

Cette fin d’année a été une lente décrépitude. J’ai perdu toute notion du temps et je n’avais bientôt plus de structure dans ma journée. J’avais désespérément besoin d’ordre et de discipline. Je me suis dit que je pourrais me remettre à tester des routines d’écrivain.e.s pour recommencer à construire la mienne. Cette fois, j’ai choisi un tempérament sensiblement différent du mien. Simone de Beauvoir ne vivait pas en ermite. Elle jouissait d’une vie sociale épanouie au même temps qu’une vie intellectuelle intense. Pendant toute la journée du vendredi 4 janvier, j’ai suivi la routine qu’elle a partagée dans une interview au Paris Review en 1965.

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Arts de vivre, Notes de lecture

Oser l’oisiveté avec Sénèque : Éloge de l’oisiveté et Lettres à Lucilius

J’ai toujours gravité vers les philosophes post-socratiques. Souvent ils nous proposent, bien plus que des méthodes de pensée, des arts de vivre. Ils tentent de répondre aussi bien aux questionnements existentiels qu’aux soucis du quotidien. Leurs raisonnements étaient peut-être plus simples, mais jamais superficiels. Les réponses qu’ils apportent au comment vivre sont bien plus salutaires que les supercheries des coachs et des livres de self help qui pullulent aujourd’hui.

Pendant longtemps, j’ai été disciple d’Epicure. Je procrastinais sur la lecture des stoïciens qui me semblaient plus froids et exigeants. Puis un jour je tombe sur un petit livre de Sénèque sur l’un de mes thèmes fétiches : l’oisiveté. L’Eloge de l’oisiveté n’est qu’un court texte de Sénèque, mais l’éditeur l’a agrémenté d’extraits de correspondances. Les Lettres à Lucilius nous dévoilent l’intimité de Sénèque et l’on découvre un stoïcien loin de toute froideur ou rigidité, un homme qui a authentiquement vécu et en tire toute une philosophie de vie.

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Parenthèses

La fête du travail : comment le 1er mai est devenue une fête

Le 1er mai, c’est jour de fête, c’est bien connu. On est content de le voir tomber en plein milieu de semaine. Mieux encore, un lundi, pour un week-end prolongé bien mérité. On fantasme sur ce jour où rien ne vient troubler notre quiétude, où l’on peut se réveiller à sa guise, sans qu’un réveil ne vienne brutalement nous rappeler à la réalité. Un jour où l’on peut passer son temps selon son loisir, sans tâches à faire ni horaires à respecter. Le temps prendra, on l’espère, une toute autre consistance, plus fluide, libéré de toute contrainte. Car c’est la fête du travail, après tout.

Le lendemain, tout reviendrait à l’ordre. Le réveil sonnera et chacun rejoindra son poste.

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Notes de lecture, Parenthèses

Les dimensions insoupçonnées du chez soi : lecture de Mona Chollet

Chez soi, c’est bien plus que quatre murs. Pour certains, c’est le cocon revitalisant nécessaire pour faire face à un environnement hostile. Pour beaucoup, de plus en plus, c’est un luxe durement acquis. Pour les femmes, et surtout pour les femmes les moins nanties, un espace de pouvoir auxquelles elles perdent toujours. Mona Chollet explore, dans son essai « Chez soi : une odyssée de l’espace domestique », des dimensions encore insoupçonnées de cet espace à la fois intime et lechamp de forces extérieures, politiques, sociales et économiques. C’est un livre qui se prête à une lecture universelle et ravira aussi bien les natures introverties que celles sensibilisées aux questions de la justice.

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