Notes de lecture, philosophie

De la dignité des philosophes : Les derniers jours d’Emmanuel Kant

Dans 19ème siècle britannique, Thomas De Quincey est un auteur à part. Ni franchement romancier, ni tout à fait essayisyte, il a expérimenté diverses formes d’écriture sans jamais en respecter les codes, toujours avec humour. Dans Les derniers jours d’Emmanuel Kant, il se base sur Kant intime, ouvrage réalisé par trois de ses disciples : L.E. Borowski, R.B. Jachmann et E.A. Wasianski. C’est la voix de ce dernier que De Quincey emprunte pour faire le récit de la déchéance physique et mentale de Kant. Sans sarcasme apparent, le texte est écrit avec un sens du détail extrême, qui laisse entendre que l’écrivain y prend un malin plaisir. Petit livre d’une centaine de page, j’ai lu Les derniers jours d’Emmanuel Kant d’une seule traite, avec des impressions mitigées.

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Listes

Bilan de lecture : mes livres préférés en 2018

Trêve de négativité. Après le palmarès de mes pires lectures de l’année, je prends le temps de partager mes livres préférés en 2018. En lisant un peu plus que d’habitude, j’ai rencontré des lectures qui me parlaient peu, mais je suis aussi tombée sur des perles littéraires qui me marqueront durablement. Cette année a été l’occasion de m’attaquer aux classiques sur lesquels je procrastinais depuis un bon bout de temps. J’ai été agréablement surprise par des romans et des essais que je ne pensais pas être tout à fait à mon goût. L’année prochaine, j’espère lire autant si ce n’est plus, tout en élargissant mes horizons géographiques et thématiques.

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Bilan lecture 2018 : ces livres qui me sont tombés des mains

Cette année, ce blog aidant, j’ai un peu plus lu que d’habitude. Ce n’était pas toujours une expérience extatique et je ne tombais pas sur la révélation littéraire tous les mois. Avoir plus de temps de lecture signifie aussi plus de chances de tomber sur des romans qui ne nous enchantent pas, on se force à finir le premier chapitre, on cherche en vain le paragraphe où tout bascule, avant de capituler au désamour. Des fois, ce n’est pas le livre en soi, mais notre état d’esprit présent. Certains livres et certaines plumes s’accordent mal avec certaines dispositions d’esprit. On les retrouve souvent à des périodes ultérieures de notre vie, surpris de ne pas avoir su les apprécier auparavant. Sur ce, voici quelques-uns des livres qui me sont tombés des mains cette année.

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Notes de lecture

Une dernière lecture d’été pour la route : La fin de Chéri de Colette

J’ai rencontré La fin de Chéri de Colette (1) durant les derniers jours de mes vacances, alors que j’étais un peu prise par le blues de la fin de l’été, dans un étalage face à la plage d’Agadir. Tout d’abord, la combinaison du titre et de la couverture, un détail de La Femme au chapeau de Van Dongen, me donna l’impression qu’il s’agira d’une héroïne. Mais dès les premières pages, je me rendis vite compte que je me trompais lourdement. Chéri (pseudonyme de Fred) est en fait un anti-héros masculin. Il figure déjà dans un précédent roman de Colette intitulé tout simplement Chéri, où il apparait comme un être d’instinct, un hédoniste assumé qui se soucie peu de sa condition existentielle, un symbole de la belle époque.

Dans La fin de Chéri, le personnage s’enrichit et prend de la profondeur. Fred est alors un homme en complète inadéquation avec son époque, marqué par la guerre de 14-18 et le souvenir d’une amante plus âgée qu’il n’a pas revu depuis son service militaire. Dans ce deuxième volume qui peut se lire indépendamment du premier, les évènements se déroulent vers la fin d’un été parisien de l’après-guerre où l’on sent déjà la naissance de septembre. Le récit est servi par l’écriture claire et belle de Colette, qui flirte avec l’absurde sans perdre de sa poésie.

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