Notes de lecture

Un livre de raison de Joan Didion : méditation sur la décadence

Si vous cherchez « Boca Grande », vous tomberez sur une petite commune de la Floride. Mais dans Un livre de raison (1977) de Joan Didion, c’est un pays fictif de l’Amérique centrale : terre monochrome dont l’immobilisme absolu contamine l’air et les eaux, façade en papier mâché à un gouvernement rongé par la corruption. Dans cet étang putréfié se déploie une méditation sur le délitement social et individuel à travers le récit des derniers jours d’une femme étrangère, une norteamericana, une turista : Charlotte Douglas.

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Notes de lecture

King Kong théorie : bilan d’une déception

Manifeste culte, King Kong théorie est entré au Panthéon des classiques du féminisme. J’en ai souvent entendu parler, encensé pour son audace et sa virulence. J’avais peut-être des attentes démesurées, mais je dois avouer que j’ai été plutôt déçue par ma lecture. Virginie Despentes est connue pour son style d’écriture particulier, aux accents punk rock. Je m’attendais à être secouée par son style, mais il n’en fut rien. Pourtant, les premières pages étaient jubilatoires.

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Bouquinologie

Proust sur la lecture : lectures d’enfance et auteurs amis

Comme beaucoup, je voyais Marcel Proust comme un romancier, une plume sensible et légère. Je l’imaginais mal dans la peau de l’essayiste, rationnel, intransigeant. Pourtant, Proust est aussi un brillant essayiste et l’essai n’est pas seulement un appendice à son œuvre littéraire, c’en est souvent le moteur. D’ailleurs, La recherche du temps perdu a d’abord été ébauchée comme un essai. Cela dit, l’essai proustien n’est pas un texte académique et rêche, il participe aussi de la littérature. Dès les premières pages de Sur la lecture, on se retrouve face au témoignage d’un lecteur passionné, nostalgique des romans de son enfance.

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Arts de vivre

Oser l’oisiveté avec Sénèque : Éloge de l’oisiveté et Lettres à Lucilius

J’ai toujours gravité vers les philosophes post-socratiques. Souvent ils nous proposent, bien plus que des méthodes de pensée, des arts de vivre. Ils tentent de répondre aussi bien aux questionnements existentiels qu’aux soucis du quotidien. Leurs raisonnements étaient peut-être plus simples, mais jamais superficiels. Les réponses qu’ils apportent au comment vivre sont bien plus salutaires que les supercheries des coachs et des livres de self help qui pullulent aujourd’hui.

Pendant longtemps, j’ai été disciple d’Epicure. Je procrastinais sur la lecture des stoïciens qui me semblaient plus froids et exigeants. Puis un jour je tombe sur un petit livre de Sénèque sur l’un de mes thèmes fétiches : l’oisiveté. L’Eloge de l’oisiveté n’est qu’un court texte de Sénèque, mais l’éditeur l’a agrémenté d’extraits de correspondances. Les Lettres à Lucilius nous dévoilent l’intimité de Sénèque et l’on découvre un stoïcien loin de toute froideur ou rigidité, un homme qui a authentiquement vécu et en tire toute une philosophie de vie.

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