Arts de vivre, Notes de lecture, stoicisme, Stoicisme

Sénèque sur le bonheur, l’épicurisme et comment répondre à ses critiques

De nos jours, parler de bonheur, c’est kitsch. C’est l’apanage des coachs de vie et autres charlatans modernes, dont les livres se vendent comme des petits pains. Mais dans l’antiquité, la philosophie était au plus près de la vie et diverses écoles se disputaient l’idéal de l’art de vivre et offraient des réflexions complexes dans une langue simple. Dans son texte De la vie heureuse, Sénèque développe sa conception stoïcienne du bonheur tout en apportant sa nuance.

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Notes de lecture

Contre le fatalisme de la vieillesse : Simone de Beauvoir, L’âge de discrétion

À l’inverse de Proust, j’ai d’abord connu Simone de Beauvoir par l’essai. L’âge de discrétion (1967) est le premier roman que je lis d’elle. Le texte est limpide et facile d’accès. C’est un récit court dont l’héroïne est une femme de soixante ans. Intellectuelle estimée, avec une oeuvre accomplie derrière elle, elle rappelle un peu trop l’auteure elle-même. Il y a quand même des différences : elle n’est pas philosophe mais essayiste littéraire, son compagnon de vie n’est pas philosophe mais scientifique, et elle a un fils alors que l’auteure s’était juré de ne pas enfanter.

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Notes de lecture, philosophie

De la dignité des philosophes : Les derniers jours d’Emmanuel Kant

Dans 19ème siècle britannique, Thomas De Quincey est un auteur à part. Ni franchement romancier, ni tout à fait essayisyte, il a expérimenté diverses formes d’écriture sans jamais en respecter les codes, toujours avec humour. Dans Les derniers jours d’Emmanuel Kant, il se base sur Kant intime, ouvrage réalisé par trois de ses disciples : L.E. Borowski, R.B. Jachmann et E.A. Wasianski. C’est la voix de ce dernier que De Quincey emprunte pour faire le récit de la déchéance physique et mentale de Kant. Sans sarcasme apparent, le texte est écrit avec un sens du détail extrême, qui laisse entendre que l’écrivain y prend un malin plaisir. Petit livre d’une centaine de page, j’ai lu Les derniers jours d’Emmanuel Kant d’une seule traite, avec des impressions mitigées.

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Arts de vivre, routine, Stoicisme

Je teste des routines d’écrivains : Simone de Beauvoir, intellectuelle extravertie

Cette fin d’année a été une lente décrépitude. J’ai perdu toute notion du temps et je n’avais bientôt plus de structure dans ma journée. J’avais désespérément besoin d’ordre et de discipline. Je me suis dit que je pourrais me remettre à tester des routines d’écrivain.e.s pour recommencer à construire la mienne. Cette fois, j’ai choisi un tempérament sensiblement différent du mien. Simone de Beauvoir ne vivait pas en ermite. Elle jouissait d’une vie sociale épanouie au même temps qu’une vie intellectuelle intense. Pendant toute la journée du vendredi 4 janvier, j’ai suivi la routine qu’elle a partagée dans une interview au Paris Review en 1965.

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