Arts de vivre, Listes, Notes de lecture

Rétrospective 2020 : les lectures qui m’ont accompagnée cette année

Je n’étais pas très enthousiaste pour la rétrospective de cette année. Contrairement à ce qu’on nous rabâche sur les réseaux sociaux, je n’ai pas lu tous les livres de ma bibliothèque, je n’ai pas fait de pain au levain et non, je n’ai pas écrit le roman du siècle. J’ai navigué, tant bien que mal, des temps curieux, et quand toute normalité m’étais devenue impossible, je me suis résolue à accepter cette étrangeté, à vivre à l’envers de moi-même : veiller plus tard, regarder des séries pendant des heures, jeter mes rituels en pâture, oublier toute notion de discipline. J’ai pourtant lu cette année, beaucoup moins que les années précédentes, mais assez pour m’aider à avancer. Car face à un évènement exceptionnel, les exhortations à l’excellence sonnent creuses, voire indécentes. Essayer de durer plus longtemps que les temps difficiles, cela devrait être le seul impératif, le seul mantra. Je vous partage donc ici certaines des lectures qui m’ont apporté du réconfort cette année, ou m’ont revigoré dans mes périodes les plus léthargiques, sans ordre de préférence.

Continue reading “Rétrospective 2020 : les lectures qui m’ont accompagnée cette année”
Notes de lecture

Oblomov, confiné volontaire

Malgré tout le plaisir que j’y ai pris, j’ai beaucoup procrastiné en lisant ce livre. J’ai également beaucoup trainé pour écrire cette recension. L’oblomovisme est très contagieux. Faites attention à ne pas vous laisser contaminer. Ceci est un message d’intérêt public.

Oblomov se lèvera-t-il jamais de son lit ? Voilà tout le suspense auquel vous aurez droit en lisant le roman du même nom, sous la plume d’Ivan Goncharov. Tout le génie de l’auteur est d’écrire un texte amusant, qui ne lasse jamais, sur un homme qui ne fait strictement rien. Pourtant, il s’en passe des choses. Derrière la figure lisse et intemporelle d’Oblomov, son inanité et son apathie, et sous couvert d’une critique de l’aristocratie russe, luxueuse et improductive, c’est un monde intérieur inouï qui se dévoile.

Continue reading “Oblomov, confiné volontaire”

Arts de vivre, Notes de lecture, philosophie, stoicisme

Oser l’oisiveté avec Sénèque : Éloge de l’oisiveté et Lettres à Lucilius

J’ai toujours gravité vers les philosophes post-socratiques. Souvent ils nous proposent, bien plus que des méthodes de pensée, des arts de vivre. Ils tentent de répondre aussi bien aux questionnements existentiels qu’aux soucis du quotidien. Leurs raisonnements étaient peut-être plus simples, mais jamais superficiels. Les réponses qu’ils apportent au comment vivre sont bien plus salutaires que les supercheries des coachs et des livres de self help qui pullulent aujourd’hui.

Pendant longtemps, j’ai été disciple d’Epicure. Je procrastinais sur la lecture des stoïciens qui me semblaient plus froids et exigeants. Puis un jour je tombe sur un petit livre de Sénèque sur l’un de mes thèmes fétiches : l’oisiveté. L’Eloge de l’oisiveté n’est qu’un court texte de Sénèque, mais l’éditeur l’a agrémenté d’extraits de correspondances. Les Lettres à Lucilius nous dévoilent l’intimité de Sénèque et l’on découvre un stoïcien loin de toute froideur ou rigidité, un homme qui a authentiquement vécu et en tire toute une philosophie de vie.

Continue reading “Oser l’oisiveté avec Sénèque : Éloge de l’oisiveté et Lettres à Lucilius”