Arts de vivre

Maximes : la renaissance de l’aphorisme et sept idées choisies de La Rochefoucauld

L’aphorisme est un genre littéraire à part, qui échappe à toutes les règles, ou presque. Je me rappelle la première fois que j’ai feuilleté un recueil d’aphorismes. C’était une édition de la Généalogie de la morale trouvée par hasard dans la bibliothèque familiale. Ça avait toute l’apparence d’un essai classique, mais à l’intérieur, quelque chose clochait. Des paragraphes courts, numérotés, remplaçaient les longs passages qui couvrent d’habitude les pages des livres adultes. Et par cela seul, la philosophie me sembla accessible pour la première fois. Je dis bien « sembla » parce que la petite fille que j’étais n’était pas encore prête à faire de la philosophie à coups de marteau, ça viendra un peu plus tard.

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Le thème de la dépression dans Frankenstein de Mary Shelley
Notes de lecture

De la mélancolie dans Frankenstein de Mary Shelley

Monument littéraire et mythe incontournable de la culture populaire, Frankenstein reste pourtant un classique méconnu. Souvent, Frankenstein est confondu avec sa créature, pourtant sans nom dans le roman et les personnages sont caricaturés à l’extrême, alors que le texte révèle leur complexité et leur sensibilité. Écrit par Mary Shelley à vingt ans à peine, Frankenstein décrit la descente aux enfers d’un scientifique qui parvient à répliquer la vie dans un style qui confond les genres, entre roman gothique et science-fiction. Écrit à une époque où les débats sur l’évolution font rage, il reste d’actualité pour réfléchir sur les questions de transhumanisme, de clonage et de sentience. Dans sa fluidité et sa hardiesse, le récit présente plusieurs niveaux de lecture. J’y vois notamment un thème persistant, pourtant peu mentionné dans les critiques : la mélancolie. En effet, l’expérience de la dépression y est décrite avec une justesse sans pareil et il serait intéressant de s’y pencher.

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Listes

La Grèce antique en quatre titres : Homère, Eschyle, Platon et Épicure

Ah ! Ces Grecs comme ils savaient vivre. Cela demande la résolution de rester bravement à la surface, de s’en tenir à la draperie, à l’épiderme, d’adorer l’apparence et de croire à la forme, aux sons, aux mots, à tout l’Olympe de l’apparence. Les Grecs étaient superficiels… par profondeur.

Nietzsche, Le gai savoir

La Grèce antique continue de fasciner par sa culture, ses institutions politiques novatrices, ses arts raffinés et sa pensée riche. Entre réalité et idéal, il y a beaucoup de fossés et l’histoire éclaire aujourd’hui une Grèce qui, sans être le paradis du raffinement longtemps fantasmé par les hellénistes, est haute en couleurs. Quoi qu’il en soit, la civilisation grecque nous offre aujourd’hui encore de nombreux joyaux de l’esprit. Voici ma sélection de quatre textes, de poésie, de théâtre, de philosophie, comme autant de portes d’entrée dans la sagesse hellénique.

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Notes de lecture

L’existentialisme est un humanisme de Jean-Paul Sartre

Pendant longtemps, j’ai snobé Sartre. Je pensais, à l’instar de Foucault, que c’était un philosophe resté coincé dans le 19ème siècle. Je m’arrêtais beaucoup sur cette faiblesse de sa philosophie et de tant d’autres : une notion d’universel tout sauf universelle, comme le démontra plus tard Élisabeth de Fontenay. Mais il y avait, quelque part, toujours une attraction vers l’existentialisme qui je ne le cache pas, a été inspirée par tout un cliché d’un mode de vie existentialiste, radicalement moderne et désenchanté. D’un autre côté, la lecture du Deuxième Sexe _ duquel j’ai dévoré les 1071 pages quelques semaines avant le bac par pure procrastination _ m’avait beaucoup marquée. En me faisant réfléchir sur ma condition de femme, la lecture de Simone de Beauvoir m’a aussi donné un certain appétit pour la philosophie et l’impression que l’existentialisme pourrait être une pensée libératrice. Dans L’existentialisme est un humanisme, Jean-Paul Sarte entend répondre à ses critiques, nombreux hier comme aujourd’hui. A-t-il réussi à son entreprise ?

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