Arts de vivre

Maximes : la renaissance de l’aphorisme et sept idées choisies de La Rochefoucauld

L’aphorisme est un genre littéraire à part, qui échappe à toutes les règles, ou presque. Je me rappelle la première fois que j’ai feuilleté un recueil d’aphorismes. C’était une édition de la Généalogie de la morale trouvée par hasard dans la bibliothèque familiale. Ça avait toute l’apparence d’un essai classique, mais à l’intérieur, quelque chose clochait. Des paragraphes courts, numérotés, remplaçaient les longs passages qui couvrent d’habitude les pages des livres adultes. Et par cela seul, la philosophie me sembla accessible pour la première fois. Je dis bien « sembla » parce que la petite fille que j’étais n’était pas encore prête à faire de la philosophie à coups de marteau, ça viendra un peu plus tard.

Lire la suite « Maximes : la renaissance de l’aphorisme et sept idées choisies de La Rochefoucauld »
Bouquinologie

Proust sur la lecture : lectures d’enfance et auteurs amis

Comme beaucoup, je voyais Marcel Proust comme un romancier, une plume sensible et légère. Je l’imaginais mal dans la peau de l’essayiste, rationnel, intransigeant. Pourtant, Proust est aussi un brillant essayiste et l’essai n’est pas seulement un appendice à son oeuvre littéraire, c’en est souvent le moteur. D’ailleurs, La recherche du temps perdu a d’abord été ébauchée comme un essai. Cela dit, l’essai proustien n’est pas un texte académique et rêche, il participe aussi de la littérature. Dès les premières pages de Sur la lecture, on se retrouve face au témoignage d’un lecteur passionné, nostalgique des romans de son enfance.

Lire la suite « Proust sur la lecture : lectures d’enfance et auteurs amis »

Notes de lecture

Une dernière lecture d’été pour la route : La fin de Chéri de Colette

J’ai rencontré La fin de Chéri de Colette (1) durant les derniers jours de mes vacances, alors que j’étais un peu prise par le blues de la fin de l’été, dans un étalage face à la plage d’Agadir. Tout d’abord, la combinaison du titre et de la couverture, un détail de La Femme au chapeau de Van Dongen, me donna l’impression qu’il s’agira d’une héroïne. Mais dès les premières pages, je me rendis vite compte que je me trompais lourdement. Chéri (pseudonyme de Fred) est en fait un anti-héros masculin. Il figure déjà dans un précédent roman de Colette intitulé tout simplement Chéri, où il apparait comme un être d’instinct, un hédoniste assumé qui se soucie peu de sa condition existentielle, un symbole de la belle époque.

Dans La fin de Chéri, le personnage s’enrichit et prend de la profondeur. Fred est alors un homme en complète inadéquation avec son époque, marqué par la guerre de 14-18 et le souvenir d’une amante plus âgée qu’il n’a pas revu depuis son service militaire. Dans ce deuxième volume qui peut se lire indépendamment du premier, les évènements se déroulent vers la fin d’un été parisien de l’après-guerre où l’on sent déjà la naissance de septembre. Le récit est servi par l’écriture claire et belle de Colette, qui flirte avec l’absurde sans perdre de sa poésie.

Lire la suite « Une dernière lecture d’été pour la route : La fin de Chéri de Colette »

Notes de lecture

Le blé en herbe : tribulations adolescentes

Cela doit faire au moins cinq ou six ans que j’ai ouvert un livre de Colette pour la première fois. Je l’avais vite refermé : le style, la sonorité des mots, le rythme du récit… quelque chose ne m’avait pas accroché. J’ai condamné sa lecture pendant les années qui suivirent, jusqu’à maintenant. Et c’est seulement maintenant que je la lis avec un grand plaisir. Preuve qu’il ne faut jamais juger un livre sur ses premières pages ou un auteur sur un livre uniquement. C’est surtout injuste pour nous, en tant que lecteurs, car nous nous fermons à des univers littéraires qui pourraient beaucoup nous apporter.

Lire la suite « Le blé en herbe : tribulations adolescentes »