Portrait of a Young Woman in White, c. 1798
Notes de lecture

Mon année de repos et de détente d’Ottessa Moshfegh

La dépression n’est pas glamour. Il n’y a ni beauté ni sens dans nos luttes contre ce mal et nous ne sommes pas des héros auréolés pour avoir tenu bon. Personne ne reconnaît nos souffrances et personne ne voit notre bravoure. De l’extérieur, le dépressif est encore vu comme un être végétatif, déficient, parasitaire. Cette épreuve ne nous rend pas meilleur. Après un épisode dans les abysses, il  n’y a pas de grandes épiphanies, notre monde n’est pas radicalement transformé et la vie ne devient pas un long fleuve tranquille une fois que l’on a battu la bête. C’est un apprentissage quotidien où la résilience devient un sport de haut niveau. 

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Notes de lecture

La chambre de Giovanni de James Baldwin

L’amour peut être malhonnête. Cela n’en affaiblit en rien la passion, mais en décuple le caractère tragique. Quand David rencontre Giovanni dans un bar parisien, il sait qu’il ne lui appartiendra jamais, il sait qu’il quittera un jour sa chambre sombre et étouffante, et pourtant il ne peut faire autrement que de l’aimer, complètement, à l’en détruire. La chambre de Giovanni de James Baldwin est un testament à ces amours lâches et coupables, nées d’une incapacité à s’assumer et à dire sa vérité, d’une fuite frénétique en avant, d’une souffrance subie autant qu’infligée.

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Notes de lecture

Un livre de raison de Joan Didion : méditation sur la décadence

Si vous cherchez « Boca Grande », vous tomberez sur une petite commune de la Floride. Mais dans Un livre de raison (1977) de Joan Didion, c’est un pays fictif de l’Amérique centrale : terre monochrome dont l’immobilisme absolu contamine l’air et les eaux, façade en papier mâché à un gouvernement rongé par la corruption. Dans cet étang putréfié se déploie une méditation sur le délitement social et individuel à travers le récit des derniers jours d’une femme étrangère, une norteamericana, une turista : Charlotte Douglas.

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Notes de lecture

Jazz de Toni Morrison : écrire comme on compose une partition

J’ai toujours été fascinée par Toni Morrison sans l’avoir jamais lu. Sa voix, son éloquence, sa défiance m’ont toujours attirée vers elle sans que je ne me décide à prendre l’un de ses romans et à rentrer dans son univers littéraire. Je l’ai finalement fait, ce mois de février alors que l’hiver devenait moins rude et que le printemps se profilait timidement, comme dans le récit que je lisais, curieusement. Il s’agit de Jazz, deuxième partie de la série débutant par Beloved et s’achevant avec Paradis. Indécent, entamer la trilogie ainsi, du milieu, mais j’étais irrémédiablement attirée vers ce livre.

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