Listes

Lire du théâtre : Goethe, Sartre, Beckett et Ionesco

Dernièrement, je me suis découverte une véritable passion pour le théâtre. Je parle bien de lire et non pas de regarder du théâtre, ce que je n’ai pas eu l’occasion de faire depuis un bon bout de temps. Il est évident que lire du théâtre ou assister à une pièce de théâtre, ce sont là deux expériences fondamentalement différentes. Nous n’avons sous les yeux que les répliques et les didascalies. C’est à notre imaginaire de mettre en scène le texte, de donner voix aux personnages. Nous pouvons même lire à voix haute comme aux temps anciens, c’est un sujet littéraire fascinant à découvrir sur l’excellent podcast « Les courbes graciles ».

Dans tous les cas, nous jouons un rôle actif et en cela, le théâtre diffère aussi de la littérature. Dans le roman, les éléments du décor, la nature profonde des personnages, nous sont donnés avec beaucoup plus de détails. Dans le théâtre, nous avons affaire à un texte léger, malléable, ouvert à interprétation. C’est un espace libre de fantaisie et de création. C’est à mon goût ce qui fait tout le plaisir de la lecture des pièces de théâtre et j’espère que mes recommandations vous donneront envie de vous lancer.

Lire la suite « Lire du théâtre : Goethe, Sartre, Beckett et Ionesco »
Parenthèses

Comment la science-fiction peut-elle nous aider à vivre dans le monde actuel ?

Quand nous parlons de lecture comme remède aux maux de notre temps, c’est souvent comme une forme d’évasion. Il s’agit de tourner son dos à la réalité et de trouver répit dans un monde fictif. C’est, quelque part, une forme d’oblomovisme. Or, je suis d’avis que la force de l’imaginaire est justement dans sa capacité à nous ancrer dans le monde au lieu de nous en éloigner. C’est d’autant plus vrai lorsqu’on plonge dans la littérature spéculative.

Pour Isaac Asimov, la science-fiction est une escapade vers la réalité. En effet, elle nous met face à face avec les réalités les plus dérangeantes de notre monde, poussées à leurs extrêmes ou mises en contraste avec un idéal. Des auteurs comme Aldous Huxley, Philip K. Dick ou encore Frank Herbert peuvent nous aider à faire sens de ce fameux monde d’après, de trouver des premiers éléments de réponse à la question de la vie par-delà la crise.

Lire la suite « Comment la science-fiction peut-elle nous aider à vivre dans le monde actuel ? »
Listes, Parenthèses

L’art de ne rien faire : mes lectures d’été, comment restaurer son attention et une newsletter mensuelle

Mon été a été particulièrement calme. Probablement sous l’effet de ma lecture de juillet : Comment ne rien faire (How to Do Nothing, Jenny Odell). Il s’agit d’un pamphlet contre le productivisme et pour la restauration de notre attention à l’ère de la suprématie digitale. Dans un moment de ma vie où je remets en question mes notions de performance et de réussite, cet essai a été particulièrement éclairant. L’autrice m’a rappelé les vertus de l’oisiveté, de la contemplation, de la rêverie, de ces moments de latence qui donnent tout son sens à l’action.

Depuis cette lecture, certaines choses ont changé, lentement mais sûrement. J’ai appris à mettre les écrans de côté et à regarder ailleurs, pas par discipline, parce que c’est bon pour moi, mais tout simplement parce que je m’intéressais sincèrement à mon environnement immédiat. Ma concentration s’est restaurée le plus simplement du monde et durant ces longs mois chauds, je me suis réconciliée avec mon horloge interne. J’ai enfin compris ce que les taoïstes voulaient dire par Wu Wei : le non-agir ou l’action naturelle. Paradoxalement, c’est aussi pendant cette période que j’ai lu le plus. Je vous partage donc ici quelques-unes des lectures qui m’ont le plus marquée parmi les livres que j’ai parcourus cet été, avec beaucoup plaisir et sans préméditation.

Lire la suite « L’art de ne rien faire : mes lectures d’été, comment restaurer son attention et une newsletter mensuelle »
Portrait of a Young Woman in White, c. 1798
Notes de lecture

Mon année de repos et de détente d’Ottessa Moshfegh

La dépression n’est pas glamour. Il n’y a ni beauté ni sens dans nos luttes contre ce mal et nous ne sommes pas des héros auréolés pour avoir tenu bon. Personne ne reconnaît nos souffrances et personne ne voit notre bravoure. De l’extérieur, le dépressif est encore vu comme un être végétatif, déficient, parasitaire. Cette épreuve ne nous rend pas meilleur. Après un épisode dans les abysses, il  n’y a pas de grandes épiphanies, notre monde n’est pas radicalement transformé et la vie ne devient pas un long fleuve tranquille une fois que l’on a battu la bête. C’est un apprentissage quotidien où la résilience devient un sport de haut niveau. 

Lire la suite « Mon année de repos et de détente d’Ottessa Moshfegh »