Mes suggestions de lecture pour l'été : Colette, Muriel Barbery, Hermann Hesse, Tolstoi et Abdelfattah Kilito
Listes

Lectures d’été : Colette, Tolstoï et autres compagnons de vacances

J’ai une confession à faire : je déteste l’été. Mes étés ont toujours été bleus, non pas un bleu d’azur, mais un bleu profond, opprimant, qui vous aspire alors même que vous êtes sous le soleil exactement. Contrairement aux dépressifs saisonniers, je ne souffre pas de l’excès de luminosité. L’été a une charge plus symbolique que biologique pour moi, ça me rappelle mon enfance solitaire et les longues vacances passées chez moi à tuer le temps avec des châteaux en papier, c’est aussi un entre-deux en plein milieu de mon année qui me rappelle à mes échecs et à mon incomplétude fondamentale. C’est une attente insoutenable où, en apparence, rien ne se passe mais tout en moi se défait. C’est aussi la saison du réexamen et en cela ce n’est pas complètement trois mois de perdus, aussi difficiles soient-ils.
Une constante qui traverse tous mes étés est la lecture, c’est l’ultime consolation par le simple plaisir qu’elle m’offre, mais c’est aussi l’outil d’une reconstruction de soi nécessaire. C’est vrai, la littérature sauve. Je voulais donc vous parler de livres qui m’ont aidé à survivre bien des étés, de mes compagnons de vacances favoris, que vous soyez ou non atteints blues estival.

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Notes de lecture

Un livre de raison de Joan Didion : méditation sur la décadence

Si vous cherchez “Boca Grande”, vous tomberez sur une petite commune de la Floride. Mais dans Un livre de raison (1977) de Joan Didion, c’est un pays fictif de l’Amérique centrale : terre monochrome dont l’immobilisme absolu contamine l’air et les eaux, façade en papier mâché à un gouvernement rongé par la corruption. Dans cet étang putréfié se déploie une méditation sur le délitement social et individuel à travers le récit des derniers jours d’une femme étrangère, une norteamericana, une turista : Charlotte Douglas.

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Notes de lecture

King Kong théorie : bilan d’une déception

Manifeste culte, King Kong théorie est entré au Panthéon des classiques du féminisme. J’en ai souvent entendu parler, encensé pour son audace et sa virulence. J’avais peut-être des attentes démesurées, mais je dois avouer que j’ai été plutôt déçue par ma lecture. Virginie Despentes est connue pour son style d’écriture particulier, aux accents punk rock. Je m’attendais à être secouée par son style, mais il n’en fut rien. Pourtant, les premières pages étaient jubilatoires.

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Notes de lecture

Jazz de Toni Morrison : écrire comme on compose une partition

J’ai toujours été fascinée par Toni Morrison sans l’avoir jamais lu. Sa voix, son éloquence, sa défiance m’ont toujours attirée vers elle sans que je ne me décide à prendre l’un de ses romans et à rentrer dans son univers littéraire. Je l’ai finalement fait, ce mois de février alors que l’hiver devenait moins rude et que le printemps se profilait timidement, comme dans le récit que je lisais, curieusement. Il s’agit de Jazz, deuxième partie de la série débutant par Beloved et s’achevant avec Paradis. Indécent, entamer la trilogie ainsi, du milieu, mais j’étais irrémédiablement attirée vers ce livre.

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