Sorcières de Mona Chollet
Notes de lecture

Sorcières : la puissance invaincue des femmes

Personnage iconique de Disney, désormais dompté par nos imaginaires, ou réalité quotidienne qui ne cesse de fasciner et d’effrayer, la sorcière n’en a pas fini de faire parler d’elle. Ces dernières années, la figure ancestrale reprend des couleurs modernes et devient figure de proue de certains mouvements féministes. Dans « Sorcières : la puissance invaincue des femmes », Mona Chollet ne centre pas tant son propos sur la généalogie d’une culture féminine, ni sur la naissance de la sorcière moderne. La journaliste et autrice tente plutôt de réfléchir sur la façon dont notre vision actuelle (et plus spécifiquement, occidentale) de la femme, mais aussi de la nature et du savoir, a été façonnée par l’histoire violente de la chasse aux sorcières, tout découvrant de nouvelles perspectives, réconciliées avec le féminin.

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Notes de lecture

Pensée à contre-courant : la confession de Léon Tolstoï

De tous les écrivains russes, Tolstoï est celui qui me parle le plus, avec lequel je sens le plus d’affinités. Certes, Tolstoï avait ses défauts. Le journal de sa femme, Sophia Tolstoya, nous montre à quel point il pouvait être difficile à vivre. Mais ce qui m’attire le plus chez cet écrivain, c’est son effort constant pour trouver une discipline de vie, pour sculpter un soi souverain dans le matériau tumultueux et mouvant de sa personne, et ce malgré ses nombreux échecs. Peu impressionné par la pensée dominante de son temps et de son milieu, il a toujours tenté de tracer sa propre voie et de garder une pensée indépendante.

Vers la fin de sa vie, Tolstoï s’isole de plus en plus et tombe même dans une crise existentielle. Pour se sortir de l’impasse, l’écrivain se livre à un examen de conscience qu’il consigne dans une succession d’essais, dont Ma confession (1) est la première tentative. Tolstoï finira même par édifier son propre système philosophique et religieux. Ses contemporains comprennent mal ce virage : les intellectuels y voient une maladie de l’esprit, tandis que l’église orthodoxe y voit de la pure hérésie. Pour ma part, bien que je sois une sceptique invétérée et que je ne sois guère attirée par les courants spirituels que Tolstoï explore vers la fin de sa vie, j’ai beaucoup apprécié la lecture de Ma confession. J’ai pu trouver dans cet essai des idées et des intuitions qui ont inspiré mon propre examen de la vie.

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