Ode à la nouvelle : Risibles amous de Milan Kundera, Le dernier été de Klingsor de Hermann Hesse, Grand Union de Zadie Smith, Le cheval de Nietzsche d'Abdelfattah Kilito, La mort d'Ivan Illitch de Tolstoi
Listes

Ode à la nouvelle : cinq recueils de nouvelles sur l’amour, l’art, la mémoire et la mort

La nouvelle n’est pas un sous-roman. Ce n’est pas un simple brouillon. Sa brièveté n’est pas toujours une preuve d’incomplétude, elle peut être un agent de densification. La limitation du texte court peut amener les auteurs à focaliser toute leur attention sur un court laps de temps, à en dégager toutes les impressions sans parcimonie (Tolstoï), à illustrer des idées maîtresses dans leurs œuvres (Hesse et Kundera), à examiner des éclats de souvenirs et en dégager du sens (Abdelfattah Kilito), ou encore à prendre courage pour émanciper la parole, laisser libre cours à son imagination et désencombrer la pensée de la bienséance (Zadie Smith). Ces cinq recueils nous montrent que la nouvelle peut être un texte à part, entier, au même temps que le champ de développement d’un projet d’écriture. Cinq recueils que j’ai lus et relus, dont je garde en mémoire des passages, des impressions de lecture indélébiles et que je vous invite à découvrir.

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Listes

Rétrospective 2020 : les lectures qui m’ont accompagnée cette année

Je n’étais pas très enthousiaste pour la rétrospective de cette année. Contrairement à ce qu’on nous rabâche sur les réseaux sociaux, je n’ai pas lu tous les livres de ma bibliothèque, je n’ai pas fait de pain au levain et non, je n’ai pas écrit le roman du siècle. J’ai navigué, tant bien que mal, des temps curieux, et quand toute normalité m’étais devenue impossible, je me suis résolue à accepter cette étrangeté, à vivre à l’envers de moi-même : veiller plus tard, regarder des séries pendant des heures, jeter mes rituels en pâture, oublier toute notion de discipline. J’ai pourtant lu cette année, beaucoup moins que les années précédentes, mais assez pour m’aider à avancer. Car face à un évènement exceptionnel, les exhortations à l’excellence sonnent creuses, voire indécentes. Essayer de durer plus longtemps que les temps difficiles, cela devrait être le seul impératif, le seul mantra. Je vous partage donc ici certaines des lectures qui m’ont apporté du réconfort cette année, ou m’ont revigoré dans mes périodes les plus léthargiques, sans ordre de préférence.

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Notes de lecture

L’œil et l’esprit : méditation sur la science, l’art et la perception

Été 1960, sous le soleil du Tholonet, dans une maison qui appartenait jadis à Cézanne, Maurice Merleau-Ponty médite sur la perception, son concept fondamental. Tout autour de lui, les paysages portant l’empreinte de l’œil du peintre appellent son attention, le poussent à redécouvrir les questions fondamentales de sa philosophie : la perception, la visibilité, le corps, la science et l’acte de création. Sa phénoménologie de la perception lui apparaît sous un nouvel éclairage, à la fois neuve et inchangée, saisie directement dans le monde qui l’entoure, débarrassée des contraintes de la théorie. De cette méditation résulte L’œil et l’esprit (1960), un texte testament car ce sera là aussi le dernier été du philosophe.

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Déconfinement : l'attitude à adopter face au monde d'après
Arts de vivre

Prudence et courage : l’attitude à adopter face au monde selon Schopenhauer

Que le Monde comme volonté et comme représentation vous intimide ou qu’il soit votre livre de chevet, il y a toujours un côté moins rigoureux, plus ludique à Schopenhauer qu’il serait intéressant de découvrir. C’est le Schopenhauer des Parerga et Paralipomena (Suppléments et compléments), des aphorismes cocasses, des formules et affirmations efficaces, des exercices philosophiques. La structure du texte, en éclats de pensées épars, a d’ailleurs été une inspiration pour Nietzsche. Pour le néophyte comme pour le lecteur aguerri, cet essai a valeur de manuel qui fixe les enseignements du philosophe dans la pratique quotidienne, de complément et de commentaire au Monde comme au Fondement de la morale.

Dans le sixième essai de cet ouvrage qui se voulait accessible, titré « Aphorismes de la sagesse dans la vie », le philosophe se montre sous un visage amical, dispensant ses leçons de vie et quelques blagues de comptoir en passant. On lui découvre un certain optimisme, ou du moins, une tentative de bonheur dans le pessimisme. Il y aborde notamment l’ennui et les moyens d’y faire face, mais aussi l’attitude à adopter face à la marche du monde et à ce qui sort de notre contrôle, un texte qui sonne juste en cette période de « dé-confinement », avec le retour des anciennes pressions alors même que l’incertitude demeure.

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