Notes de lecture, Parenthèses

Réclamer son droit à la paresse avec Paul Lafargue

C’est un lent matin quand je commence à écrire ce billet. Ni le café ni la bonne volonté ne suffisent à me donner envie de travailler. Et le vol d’une mouche est à mon esprit plus fascinant que les plus grands chamboulements de l’Histoire. Alors je procrastine en vous parlant de paresse. La paresse, cette basse faiblesse, cet amollissement de la volonté, ce vice honteux, tare des tares,  cette rouille de l’esprit selon Voltaire.

À une ère où la productivité est le maître mot, faire acte (ou non-acte) de paresse est le péché ultime. Déjà, en 1881, Paul Lafargue constatait amèrement cette victoire de la religion du travail et du « Dieu Progrès ». Gendre de Karl Marx, il fustigeait à la fois les capitalistes et les socialistes pour leur engouement pour le travail. Il écrit alors un pamphlet mordant à la gloire de la paresse et de l’oisiveté, curieusement actuel de nos jours : Le droit à la paresse (1).

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Parenthèses

La fête du travail : comment le 1er mai est devenue une fête

Le 1er mai, c’est jour de fête, c’est bien connu. On est content de le voir tomber en plein milieu de semaine. Mieux encore, un lundi, pour un week-end prolongé bien mérité. On fantasme sur ce jour où rien ne vient troubler notre quiétude, où l’on peut se réveiller à sa guise, sans qu’un réveil ne vienne brutalement nous rappeler à la réalité. Un jour où l’on peut passer son temps selon son loisir, sans tâches à faire ni horaires à respecter. Le temps prendra, on l’espère, une toute autre consistance, plus fluide, libéré de toute contrainte. Car c’est la fête du travail, après tout.

Le lendemain, tout reviendrait à l’ordre. Le réveil sonnera et chacun rejoindra son poste.

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