Notes de lecture, Thèmes

Sorcières : la puissance invaincue des femmes

Personnage iconique de Disney, désormais dompté par nos imaginaires, ou réalité quotidienne qui ne cesse de fasciner et d’effrayer, la sorcière n’en a pas fini de faire parler d’elle. Ces dernières années, la figure ancestrale reprend des couleurs modernes et devient figure de proue de certains mouvements féministes. Dans “Sorcières : la puissance invaincue des femmes”, Mona Chollet ne centre pas tant son propos sur la généalogie d’une culture féminine, ni sur la naissance de la sorcière moderne. La journaliste et autrice tente plutôt de réfléchir sur la façon dont notre vision actuelle (et plus spécifiquement, occidentale) de la femme, mais aussi de la nature et du savoir, a été façonnée par l’histoire violente de la chasse aux sorcières, tout découvrant de nouvelles perspectives, réconciliées avec le féminin.

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Jazz de Toni Morrison : écrire comme on compose une partition

J’ai toujours été fascinée par Toni Morrison sans l’avoir jamais lu. Sa voix, son éloquence, sa défiance m’ont toujours attirée vers elle sans que je ne me décide à prendre l’un de ses romans et à rentrer dans son univers littéraire. Je l’ai finalement fait, ce mois de février alors que l’hiver devenait moins rude et que le printemps se profilait timidement, comme dans le récit que je lisais, curieusement. Il s’agit de Jazz, deuxième partie de la série débutant par Beloved et s’achevant avec Paradis. Indécent, entamer la trilogie ainsi, du milieu, mais j’étais irrémédiablement attirée vers ce livre.

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Contre le fatalisme de la vieillesse : Simone de Beauvoir, L’âge de discrétion

À l’inverse de Proust, j’ai d’abord connu Simone de Beauvoir par l’essai. L’âge de discrétion (1967) est le premier roman que je lis d’elle. Le texte est limpide et facile d’accès. C’est un récit court dont l’héroïne est une femme de soixante ans. Intellectuelle estimée, avec une oeuvre accomplie derrière elle, elle rappelle un peu trop l’auteure elle-même. Il y a quand même des différences : elle n’est pas philosophe mais essayiste littéraire, son compagnon de vie n’est pas philosophe mais scientifique, et elle a un fils alors que l’auteure s’était juré de ne pas enfanter.

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De la dignité des philosophes : Les derniers jours d’Emmanuel Kant

Dans 19ème siècle britannique, Thomas De Quincey est un auteur à part. Ni franchement romancier, ni tout à fait essayisyte, il a expérimenté diverses formes d’écriture sans jamais en respecter les codes, toujours avec humour. Dans Les derniers jours d’Emmanuel Kant, il se base sur Kant intime, ouvrage réalisé par trois de ses disciples : L.E. Borowski, R.B. Jachmann et E.A. Wasianski. C’est la voix de ce dernier que De Quincey emprunte pour faire le récit de la déchéance physique et mentale de Kant. Sans sarcasme apparent, le texte est écrit avec un sens du détail extrême, qui laisse entendre que l’écrivain y prend un malin plaisir. Petit livre d’une centaine de page, j’ai lu Les derniers jours d’Emmanuel Kant d’une seule traite, avec des impressions mitigées.

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