Littérature japonaise : Les belles endormies de Yasunari Kawabata
Notes de lecture

Les belles endormies de Kawabata

Ce sont des clients de tout repos qui viennent passer la nuit aux bras de corps jeunes et drogués, plongés dans un profond sommeil dont on ne peut être réveillé. Auprès de ces jeunes femmes inconscientes, des vieillards cherchent les relents d’une sensualité émasculée et un ersatz du grand repos. Dans Les belles endormies, Yasunari Kawabata nous décrit cette maison close à la fois sublime et monstrueuse à travers les yeux d’Eguchi, un homme âgé qui ne s’avoue pas encore vaincu par la vieillesse. C’est un roman particulier, où la beauté côtoie l’horreur, servi par une écriture épurée sans pareil.

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Notes de lecture

Relire ses classiques bis : Narcisse et Goldmund de Hermann Hesse

Lus dans mon adolescence, les romans de Hermann Hesse ont une résonance très différente aujourd’hui. À un âge où l’on se cherche encore, où l’on est empêtré dans la rêverie et l’abstraction d’une vie à peine ébauchée, la lecture de Hesse se perd dans la beauté des symboles, elle est aussi très individualiste : de son « individualisme au service de la communauté », nous ne retenons que la première partie. Avec l’âge et l’accumulation d’expériences de vie, de nouvelles couches de l’œuvre hessienne se dévoilent à moi et j’y retrouve un plaisir toujours renouvelé. Narcisse et Goldmund est une œuvre emblématique de l’auteur, bien que moins connue. C’est à la fois un récit passionnant et une réflexion sur l’art, la pensée, l’amitié et l’ambiguïté de la vie.

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Notes de lecture

La sonate à Kreutzer de Tolstoï : un drame familial particulier

En ouverture à Anna Karénine, Tolstoï écrivait : « Toutes les familles heureuses se ressemblent, mais chaque famille malheureuse l’est à sa façon. » Curieux, en effet, est le drame des Tolstoï. À une famille exceptionnelle, versée dans les arts, une crise familiale tout aussi exceptionnelle, à coups d’autofictions révélatrices et de références musicales puissantes. Ainsi, « La Sonate à Kreutzer « , œuvre polémique de Léon Tolstoï, est suivie de récits-réponses de Sofia Tolstoï, qui y a vu une attaque personnelle : « À qui la faute ? » et « Romance sans paroles ». Léon Tolstoï fils joint sa voix à la sonate, dans une nouvelle à thèse où il tente d’affirmer sa vision unique de la religion, de la sexualité et de la vie.

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Comment guérir d'un chagrin d'amour
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Fragments d’un discours amoureux ou comment guérir d’un chagrin d’amour

Il y a des chagrins d’amour qui s’installent, qui nous trainent jusqu’aux limites de l’insupportable. Malgré toute notre bonne volonté et nos rationalisations, nous retombons à chaque fois dans le délire : l’autre m’aime et ne me le dit pas. Car l’amour est un phénomène de croyance, une pure dévotion. En sortir est difficile malgré toutes nos souffrances, car ce serait abandonner tous les délices de notre imaginaire. Guérir d’un chagrin d’amour, comme de toute illusion, exige un changement non seulement dans la façon de penser, mais aussi et surtout dans la façon de sentir. Parfois, nous avons besoin d’un plus grand renfort, du secours des mots, d’une plume amie, qui pense au même temps qu’elle sent, qui nous comprend sans nous juger, j’ai nommé : les Fragments d’un discours amoureux de Roland Barthes.

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