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Lire du théâtre : Goethe, Sartre, Beckett et Ionesco

Dernièrement, je me suis découverte une véritable passion pour le théâtre. Je parle bien de lire et non pas de regarder du théâtre, ce que je n’ai pas eu l’occasion de faire depuis un bon bout de temps. Il est évident que lire du théâtre ou assister à une pièce de théâtre, ce sont là deux expériences fondamentalement différentes. Nous n’avons sous les yeux que les répliques et les didascalies. C’est à notre imaginaire de mettre en scène le texte, de donner voix aux personnages. Nous pouvons même lire à voix haute comme aux temps anciens, c’est un sujet littéraire fascinant à découvrir sur l’excellent podcast « Les courbes graciles ».

Dans tous les cas, nous jouons un rôle actif et en cela, le théâtre diffère aussi de la littérature. Dans le roman, les éléments du décor, la nature profonde des personnages, nous sont donnés avec beaucoup plus de détails. Dans le théâtre, nous avons affaire à un texte léger, malléable, ouvert à interprétation. C’est un espace libre de fantaisie et de création. C’est à mon goût ce qui fait tout le plaisir de la lecture des pièces de théâtre et j’espère que mes recommandations vous donneront envie de vous lancer.

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Listes, Parenthèses

L’art de ne rien faire : comment restaurer son attention à l’ère des réseaux sociaux ?

Mon été a été particulièrement calme. Probablement sous l’effet de ma lecture de juillet : Comment ne rien faire (How to Do Nothing, Jenny Odell). Il s’agit d’un pamphlet contre le productivisme et pour la restauration de notre attention à l’ère de la suprématie digitale. Dans un moment de ma vie où je remets en question mes notions de performance et de réussite, cet essai a été particulièrement éclairant. L’autrice m’a rappelé les vertus de l’oisiveté, de la contemplation, de la rêverie, de ces moments de latence qui donnent tout son sens à l’action.

Depuis cette lecture, certaines choses ont changé, lentement mais sûrement. J’ai appris à mettre les écrans de côté et à regarder ailleurs, pas par discipline, parce que c’est bon pour moi, mais tout simplement parce que je m’intéressais sincèrement à mon environnement immédiat. Ma concentration s’est restaurée le plus simplement du monde et durant ces longs mois chauds, je me suis réconciliée avec mon horloge interne. J’ai enfin compris ce que les taoïstes voulaient dire par Wu Wei : le non-agir ou l’action naturelle. Paradoxalement, c’est aussi pendant cette période que j’ai lu le plus. Je vous partage donc ici quelques-unes des lectures qui m’ont le plus marquée parmi les livres que j’ai parcourus cet été, avec beaucoup plaisir et sans préméditation.

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Quatre lectures pour vous plonger dans la Grèce Antique : Homère, Eschyle, Platon et Épicure
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La Grèce antique en quatre titres : Homère, Eschyle, Platon et Épicure

Ah ! Ces Grecs comme ils savaient vivre. Cela demande la résolution de rester bravement à la surface, de s’en tenir à la draperie, à l’épiderme, d’adorer l’apparence et de croire à la forme, aux sons, aux mots, à tout l’Olympe de l’apparence. Les Grecs étaient superficiels… par profondeur.

La Grèce antique continue de fasciner par sa culture, ses institutions politiques novatrices, ses arts raffinés et sa pensée riche. Entre réalité et idéal, il y a beaucoup de fossés et l’histoire éclaire aujourd’hui une Grèce qui, sans être le paradis du raffinement longtemps fantasmé par les hellénistes, est haute en couleurs. Quoi qu’il en soit, la civilisation grecque nous offre aujourd’hui encore de nombreux joyaux de l’esprit. Voici ma sélection de quatre textes, de poésie, de théâtre, de philosophie, comme autant de portes d’entrée dans la sagesse hellénique.

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Ode à la nouvelle : Risibles amous de Milan Kundera, Le dernier été de Klingsor de Hermann Hesse, Grand Union de Zadie Smith, Le cheval de Nietzsche d'Abdelfattah Kilito, La mort d'Ivan Illitch de Tolstoi
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Ode à la nouvelle : cinq recueils de nouvelles sur l’amour, l’art, la mémoire et la mort

La nouvelle n’est pas un sous-roman. Ce n’est pas un simple brouillon. Sa brièveté n’est pas toujours une preuve d’incomplétude, elle peut être un agent de densification. La limitation du texte court peut amener les auteurs à focaliser toute leur attention sur un court laps de temps, à en dégager toutes les impressions sans parcimonie (Tolstoï), à illustrer des idées maîtresses dans leurs œuvres (Hesse et Kundera), à examiner des éclats de souvenirs et en dégager du sens (Abdelfattah Kilito), ou encore à prendre courage pour émanciper la parole, laisser libre cours à son imagination et désencombrer la pensée de la bienséance (Zadie Smith). Ces cinq recueils nous montrent que la nouvelle peut être un texte à part, entier, au même temps que le champ de développement d’un projet d’écriture. Cinq recueils que j’ai lus et relus, dont je garde en mémoire des passages, des impressions de lecture indélébiles et que je vous invite à découvrir.

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