Arts de vivre

Je teste des routines d’écrivains : Simone de Beauvoir, intellectuelle extravertie

Cette fin d’année a été une lente décrépitude. J’ai perdu toute notion du temps et je n’avais bientôt plus de structure dans ma journée. J’avais désespérément besoin d’ordre et de discipline. Je me suis dit que je pourrais me remettre à tester des routines d’écrivain.e.s pour recommencer à construire la mienne. Cette fois, j’ai choisi un tempérament sensiblement différent du mien. Simone de Beauvoir ne vivait pas en ermite. Elle jouissait d’une vie sociale épanouie au même temps qu’une vie intellectuelle intense. Pendant toute la journée du vendredi 4 janvier, j’ai suivi la routine qu’elle a partagée dans une interview au Paris Review en 1965.

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Arts de vivre, Notes de lecture

Oser l’oisiveté avec Sénèque : Éloge de l’oisiveté et Lettres à Lucilius

J’ai toujours gravité vers les philosophes post-socratiques. Souvent ils nous proposent, bien plus que des méthodes de pensée, des arts de vivre. Ils tentent de répondre aussi bien aux questionnements existentiels qu’aux soucis du quotidien. Leurs raisonnements étaient peut-être plus simples, mais jamais superficiels. Les réponses qu’ils apportent au comment vivre sont bien plus salutaires que les supercheries des coachs et des livres de self help qui pullulent aujourd’hui.

Pendant longtemps, j’ai été disciple d’Epicure. Je procrastinais sur la lecture des stoïciens qui me semblaient plus froids et exigeants. Puis un jour je tombe sur un petit livre de Sénèque sur l’un de mes thèmes fétiches : l’oisiveté. L’Eloge de l’oisiveté n’est qu’un court texte de Sénèque, mais l’éditeur l’a agrémenté d’extraits de correspondances. Les Lettres à Lucilius nous dévoilent l’intimité de Sénèque et l’on découvre un stoïcien loin de toute froideur ou rigidité, un homme qui a authentiquement vécu et en tire toute une philosophie de vie.

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Arts de vivre

Je teste des routines d’écrivains : Léon Tolstoï : “Je dois écrire chaque jour sans faute.”

Comme je l’ai dit dans un article précédent sur la confession de Léon Tolstoï, cet écrivain m’a toujours inspiré par son effort constant pour suivre une discipline de vie, une discipline qu’il ne respectait pas toujours mais à laquelle il revenait sans cesse. Son désir de construire un moi souverain, par-delà les tumultes de la vie quotidienne, approche de l’utopie. Mais sa persévérance et sa constance sont des qualités que nous pourrions tous gagner à développer.

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Arts de vivre, Notes de lecture

Comment remédier à l’ennui : les propositions de Schopenhauer dans Parerga et Paralipomena

Arthur Schopenhauer fait partie de ces auteurs que je lis en marge. C’est-à-dire que j’ai quasiment fait le tour de ses ouvrages mineurs sans jamais trouver le courage de commencer son œuvre majeure : Le monde comme volonté et comme représentation. Enfin si, je me rappelle l’avoir ouvert une fois et avoir commencé à lire l’introduction. Très vite, Schopenhauer nous dit que si nous n’avons pas lu toute l’œuvre de Kant, on ferait bien de refermer le livre et de revenir plus tard. Je ne me le faisais pas répéter deux fois.

Cela dit en passant, il y a bien des choses qui me déplaisent chez lui. Par exemple sa misogynie m’horripile. De plus, je ne trouve pas ses arguments pour le pessimisme toujours pertinents. Il m’arrive de le trouver un peu trop grincheux, voilà le mot est dit. Malgré ces discordances, Schopenhauer est un philosophe que j’apprécie beaucoup, en partie pour son écriture non-ésotérique, et ses réflexions cocasses sur des sujets aussi variés que les dangers de l’excès de lecture ou comme nous le verrons ici, l’ennui.

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