Listes, Parenthèses

L’art de ne rien faire : comment restaurer son attention à l’ère des réseaux sociaux ?

Mon été a été particulièrement calme. Probablement sous l’effet de ma lecture de juillet : Comment ne rien faire (How to Do Nothing, Jenny Odell). Il s’agit d’un pamphlet contre le productivisme et pour la restauration de notre attention à l’ère de la suprématie digitale. Dans un moment de ma vie où je remets en question mes notions de performance et de réussite, cet essai a été particulièrement éclairant. L’autrice m’a rappelé les vertus de l’oisiveté, de la contemplation, de la rêverie, de ces moments de latence qui donnent tout son sens à l’action.

Depuis cette lecture, certaines choses ont changé, lentement mais sûrement. J’ai appris à mettre les écrans de côté et à regarder ailleurs, pas par discipline, parce que c’est bon pour moi, mais tout simplement parce que je m’intéressais sincèrement à mon environnement immédiat. Ma concentration s’est restaurée le plus simplement du monde et durant ces longs mois chauds, je me suis réconciliée avec mon horloge interne. J’ai enfin compris ce que les taoïstes voulaient dire par Wu Wei : le non-agir ou l’action naturelle. Paradoxalement, c’est aussi pendant cette période que j’ai lu le plus. Je vous partage donc ici quelques-unes des lectures qui m’ont le plus marquée parmi les livres que j’ai parcourus cet été, avec beaucoup plaisir et sans préméditation.

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Quels sont les principes du taoisme ?
Arts de vivre

Le vrai classique du vide parfait : sept idées choisies pour comprendre le taoïsme

Le vrai classique du vide parfait est un titre curieux, très curieux, je vous le concède. Et puis, que peut-on dire de bien sérieux sur le vide ? C’est une question légitime quand on considère le vide du point de vue de la pensée occidentale, le vide en contraste avec l’être, le vide comme manque et comme absence. Dans la pensée de l’Extrême-Orient et plus spécifiquement chez les taoïstes, le vide est conçu comme un condensé des possibles, comme ce qui engendre les choses et non seulement les annihile. Parler de vide, d’un point de vue philosophique, devient alors intéressant.

Le vrai classique du vide parfait est une collection de textes taoïstes, dont beaucoup sont associés à Lie Tseu, philosophe emblématique de cette école. Ces textes remontent à 450 av, J-C, en Chine, et si on peut y rencontrer des curiosités occasionnelles de l’époque, c’est un discours résolument actuel. À croire que l’humain a toujours eu autant de mal à comprendre des choses simples : la présence à soi et au monde, la fluidité face aux aléas de la vie et l’insoluble incertitude qui nous accompagne tous les jours. Je vous partage ici quelques idées que j’ai retenu de ma lecture en espérant que vous serez tentés de faire votre propre cueillettes dans le texte, comme je l’encourage vivement quand il s’agit de lire des aphorismes.

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Aristote sur le bonheur : extraits d'Ethique à Nicomaque
Arts de vivre

Aristote sur le bonheur comme principe actif

Peut-on parler de philosophie grecque sans parler d’Aristote et de Platon ? Ce sont tous deux des esprits brillants, à cette différence près : quand Platon cherchait à transcender la réalité vers le monde des idées, Aristote gardait les pieds plantés fermement sur terre. Esprit studieux, rigoureux et prudent, il met constamment en examen les opinions communes et sait rester humble. C’est une véritable école de la pensée, qui nous arme d’outils de réflexion essentiels, que l’on adhère ou non à sa philosophie. La lecture d’Éthique de Nicomaque est l’occasion de cet apprentissage, dans une langue claire, avec des enchainements logiques bien ficelés. Lire Aristote est une joie car on y découvre, justement, tout l’aspect ludique du raisonnement philosophique.

Dans son Éthique, Aristote nous livre des réflexions sur la vertu, la politique, l’amitié ou encore la justice. Mais sa visée principale, ce qu’il décrit comme le souverain bien, c’est le bonheur. Et dans cet exposé, la conception du philosophe est tout sauf idéaliste : il nous parle d’un bonheur actif, d’un savoir-faire à cultiver, d’une habileté qui s’aiguillonne par la pratique quotidienne.

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Arts de vivre

Les maximes de La Rochefoucauld

Dans les Maximes de La Rochefoucauld, nous retrouvons un fin psychologue qui jette un regard intransigeant sur la société de son temps comme sur lui-même, poussant l’impératif socratique « connais-toi toi-même » à son paroxysme dans l’autoportrait qu’il nous dresse en prologue. Son écriture agile et pleine d’humour se lit avec plaisir. C’est aussi un penseur original qui dans beaucoup d’aphorismes, nous apparaît comme proto-nietzschéen.

Le recueil des Maximes pourrait être un livre de chevet dans lequel on pioche, selon le besoin, des éclats de pensée qui nous inspirent au quotidien. J’y ai personnellement trouvé des résonances très justes. Voici quelques unes des idées qui m’ont le plus marquée en lisant La Rochefoucauld.

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