Listes

Bilan de lecture : mes livres préférés en 2018

Trêve de négativité. Après le palmarès de mes pires lectures de l’année, je prends le temps de partager mes livres préférés en 2018. En lisant un peu plus que d’habitude, j’ai rencontré des lectures qui me parlaient peu, mais je suis aussi tombée sur des perles littéraires qui me marqueront durablement. Cette année a été l’occasion de m’attaquer aux classiques sur lesquels je procrastinais depuis un bon bout de temps. J’ai été agréablement surprise par des romans et des essais que je ne pensais pas être tout à fait à mon goût. L’année prochaine, j’espère lire autant si ce n’est plus, tout en élargissant mes horizons géographiques et thématiques.

Ms. Dalloway de Virginia Woolf

Si j’avais déjà apprécié le style riverain de Virginia Woolf dans Une chambre à soi, le voir déployé dans un récit était encore plus captivant. Dans ce roman, pas de sections, pas de chapitres, un récit pur et libre. La continuité entre la pensée des personnages et la marche des évènements nous donne à voir un monde riche, vivant, complexe. Mais cette complexité est tout sauf de la confusion, tout nous apparaît clair, comme de l’eau de roche. On peut sentir, dans sa chair, la cadence des évènements et le mouvement des affects. Virginia Woolf est, à mon avis, l’auteure a avoir le mieux réussi l’exercice du flux de conscience. Mrs Dalloway en est la parfaite illustration. J’en parlais un peu plutôt cette année dans Mrs Dalloway : récits de consciences.

L’éducation sentimentale de Gustave Flaubert

Rien de plus classique et pourtant, rien de plus moderne. Roman fidèle à son époque, rapportant le discours politique autour de la révolution de 1848, il garde pourtant en lui une part intemporelle qui peut parler à chacun d’entre nous. Nous suivons Frédéric Moreau, décrit simplement dans le sous-titre comme « un jeune homme ». Puis, s’offre à nous un récit tout simplement fascinant d’un héros atypique, ambitieux et pétri de vices, servi par l’écriture cadencée et cocasse de Flaubert. Contrairement à d’autres récits initiatiques, les échecs et les désillusions se succèdent jusqu’au bout du roman, sans jamais nous donner de résolution ou de morale. L’éducation sentimentale est probabablement ma plus belle découverte littéraire de l’année. J’en fais une lecture thématique sur La cause littéraire : L’éducation sentimentale : Histoire d’un jeune homme.

Souffrir de Chantal Thomas

C’est probablement l’essai qui m’a le plus marqué cette année. Dans Souffrir, Chantal Thomas part de référence »s historiques et littéraires pour développer toute une réflexion sur la souffrance, principalement psychique, et les stratégies pour lui faire face. Contrairement aux livres de self-help volontaristes à souhait, Chantal Thomas nous apprend à regarder nos plaies en face et à être patients et indulgents avec le lent processus de la guérison. Loin de se complaire dans les références savantes, cet essai participe de l’art de vivre. Au lieu de Souffrir, l’essai aurait très bien pu s’intituler « Comment souffrir ? ». J’en parle avec plus de détails dans Apprendre à souffrir avec Chantal Thomas.

Pensées pour moi-même de Marc-Aurèle

J’avais déjà parlé de ma lecture de Sénèque en septembre. Si Marc-Aurèle fait lui aussi partie de la famille des stoïques, son écriture est tout à fait différente. Il ne prend pas la posture du sage qui distille son savoir de la vie, exempt de tout soupçon. Encore plus que Sénèque, il se pose d’abord comme un homme qui tend vers la sagesse sans jamais l’atteindre complètement, en faisant plusieurs chutes en cours de chemin. Cette constante insatisfaction de lui-même m’a un peu découragé au début, je le trouvais trop morose. Mais au fil de ma lecture, j’ai pu trouver des idées qui pourraient m’aider à vivre. J’aime à penser que la philosophie est, au sens de Deleuze, une boîte à outils l’on prend ce qui nous sert et délaisse ce qui ne résonne pas avec nous. Je ne prendrais donc pas touts les préceptes de Marc-Aurèle pour miens et j’en revisiterais bien quelques-uns. Mais ce que je garde de cet ouvrage, c’est le désir de pouvoir un jour parler aussi clairement et aussi complètement à moi-même, de prendre le temps de sonder ainsi tous les recoins de mon être.

Et vous, qu’avez-vous lu de mémorable cette année?

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