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Bilan lecture 2018 : ces livres qui me sont tombés des mains

Cette année, ce blog aidant, j’ai un peu plus lu que d’habitude. Ce n’était pas toujours une expérience extatique et je ne tombais pas sur la révélation littéraire tous les mois. Avoir plus de temps de lecture signifie aussi plus de chances de tomber sur des romans qui ne nous enchantent pas, on se force à finir le premier chapitre, on cherche en vain le paragraphe où tout bascule, avant de capituler au désamour. Des fois, ce n’est pas le livre en soi, mais notre état d’esprit présent. Certains livres et certaines plumes s’accordent mal avec certaines dispositions d’esprit. On les retrouve souvent à des périodes ultérieures de notre vie, surpris de ne pas avoir su les apprécier auparavant. Sur ce, voici quelques-uns des livres qui me sont tombés des mains cette année.

Frère d’âme de David Diop

Ce n’est pas la nomination au Goncourt qui m’a précipité à la librairie pour acheter ce livre, mais j’avoue avoir été séduite par toutes les critiques qui circulaient autour de sa sortie. Je ne m’intéresse pas forcément à la thématique de la Guerre, mais la perspective adoptée, celle des tirailleurs sénégalais, m’avait suggéré que ça pouvait être intéressant par-delà le thème. Dès les premières pages, je suis déçue. Tout d’abord, le style ne me séduit pas. Je n’y retrouve pas un rythme particulièrement entrainant. La langue est pompeuse mais creuse. Les images décrites apparaissent claires, plates, immobiles. On a du mal à s’attacher personnage qui apparaît comme un archétype et non une individualité : il y manque certains des détails futiles et particuliers qui font une personne en chair et en os. Mais ce qu’il y a de plus désolant, c’est que l’intrigue de la Guerre n’y est même pas. Même si j’étais une amatrice de l’histoire de la guerre mondiale, je ne pense pas que j’y trouverais mon plaisir.

Toxique de Françoise Sagan

Je suis de l’avis que tout ce qu’écrit un.e écrivain.e n’est pas publiable. Certaines correspondances, certains journaux intimes, mériteraient bien de rester dans les fonds des tiroirs. C’est le cas de Toxique, journal de désintoxication de Françoise Sagan qui m’a laissée comme un creux à la fin de ma lecture. Concis mais imprécis, avec des textes disposés en bribes entre gribouillis et dessins, je n’ai pas eu du mal à le terminer mais je n’y ai pris aucun plaisir. Ces textes écrits en pleine convalescence manquent de l’entrain, de l’humour et de la finesse psychologique dont Sagan fait preuve dans des romans comme La chamade. Ces pensées étaient écrite pour l’auteure et personne d’autre, dans la brume de la maladie qui nous fait penser la chose puis son contraire au grès des humeurs. Ce journal a certainement aidé Sagan dans son combat contre l’addiction, il aurait même pu lui servir de notes d’écriture pour un roman ultérieur. Mais dans l’état, je doute qu’il puisse apporter quoi que ce soit à un lecteur extérieur.

Le silence de la mer de Vercors

Si j’ai été initialement séduite par Les Animaux dénaturés ma deuxième lecture de Vercors m’a un peu déçue. Je vous avoue que j’ai laissé tomber le livre au tiers. Encore une fois, ce livre traite de la Guerre. Mais ce n’est pas forcément la raison pour laquelle je n’ai pas accroché. Dans la postface, le roman est décrit comme une “sobre histoire”. Justement, c’est parfois un peu trop sobre. Si l’écriture minimaliste de Vercors fonctionnait bien avec des évènements aussi fantasques que ceux des Animaux dénaturés où des hominidés sont découverts et remettent en question toute la notion d’humanité, il ne fonctionne pas aussi bien avec des évènements aussi simples. Certes, ces évènement se déroulent dans un contexte exceptionnel : une famille qui s’oppose par le silence aux officiers allemands. Mais les scènes apparaissent trop bricolées et la famille trop plate. Dans un roman où les péripéties se succèdent aussi lentement, on aurait aimé que l’auteur développe un peu plus l’univers intérieur des personnages.

Le crime de l’Orient Express d’Agatha Christie

Je ne sais pas comment je me suis retrouvé à lire un roman policier. Ce n’est pas dans mes habitudes. Mais la fin de cette année, j’avais du mal à lire et je m’était dite que si je lisais quelque chose de simple je retrouverais goût au bouquinage. On m’a souvent dit qu’Agatha Christie était génie en la matière, ce dont je ne doute pas. Je pense que c’est tout simplement le roman policier qui ne me parle pas. Je ne suis pas extrêmement sensible aux péripéties ou aux intrigues, ce qui me fascine le plus dans un roman, c’est l’univers littéraire que parvient à créer l’écrivain.e et la finesse des mouvements intérieurs de ses personnages. Souvent, dans un roman policier, ces aspects sont occultés. Le point focal c’est l’enquête, un casse-tête à résoudre, qui nous titille l’esprit sans l’éblouir. Il doit bien y avoir des exceptions (on me recommande souvent e mystère de la chambre jaune), mais Le crime de l’Orient Express d’Agatha Christie n’en fait pas partie.

Sur ce, bonne fin d’année et n’hésitez pas à me dire, en commentaire, vos pires lectures de 2018.

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