Notes de lecture

Un livre de raison de Joan Didion : méditation sur la décadence

Si vous cherchez “Boca Grande”, vous tomberez sur une petite commune de la Floride. Mais dans Un livre de raison (1977) de Joan Didion, c’est un pays fictif de l’Amérique centrale : terre monochrome dont l’immobilisme absolu contamine l’air et les eaux, façade en papier mâché à un gouvernement rongé par la corruption. Dans cet étang putréfié se déploie une méditation sur le délitement social et individuel à travers le récit des derniers jours d’une femme étrangère, une norteamericana, une turista : Charlotte Douglas.

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King Kong théorie : bilan d’une déception

Manifeste culte, King Kong théorie est entré au Panthéon des classiques du féminisme. J’en ai souvent entendu parler, encensé pour son audace et sa virulence. J’avais peut-être des attentes démesurées, mais je dois avouer que j’ai été plutôt déçue par ma lecture. Virginie Despentes est connue pour son style d’écriture particulier, aux accents punk rock. Je m’attendais à être secouée par son style, mais il n’en fut rien. Pourtant, les premières pages étaient jubilatoires.

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Notes de lecture

Jazz de Toni Morrison : écrire comme on compose une partition

J’ai toujours été fascinée par Toni Morrison sans l’avoir jamais lu. Sa voix, son éloquence, sa défiance m’ont toujours attirée vers elle sans que je ne me décide à prendre l’un de ses romans et à rentrer dans son univers littéraire. Je l’ai finalement fait, ce mois de février alors que l’hiver devenait moins rude et que le printemps se profilait timidement, comme dans le récit que je lisais, curieusement. Il s’agit de Jazz, deuxième partie de la série débutant par Beloved et s’achevant avec Paradis. Indécent, entamer la trilogie ainsi, du milieu, mais j’étais irrémédiablement attirée vers ce livre.

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Contre le fatalisme de la vieillesse : Simone de Beauvoir, L’âge de discrétion

À l’inverse de Proust, j’ai d’abord connu Simone de Beauvoir par l’essai. L’âge de discrétion (1967) est le premier roman que je lis d’elle. Le texte est limpide et facile d’accès. C’est un récit court dont l’héroïne est une femme de soixante ans. Intellectuelle estimée, avec une oeuvre accomplie derrière elle, elle rappelle un peu trop l’auteure elle-même. Il y a quand même des différences : elle n’est pas philosophe mais essayiste littéraire, son compagnon de vie n’est pas philosophe mais scientifique, et elle a un fils alors que l’auteure s’était juré de ne pas enfanter.

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